Mois: novembre 2013

Parlons poésie

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J’ai longtemps hésité avant de me décider à rédiger cet article car tout au départ, je ne cessais de me demander s’il était nécessaire d’éclairer la lanterne de celui qui baigne déjà dans la lumière.

Après réflexion, je me suis laissé convaincre par ‘’mon moi’’ qu’il était fort possible que la majeure partie de ceux que j’estime baigner dans la lumière ne le sont peut-être pas véritablement. Peut être croient-ils juste être suffisamment éclairé et qu’à force d’y croire, ils ont fini par s’en convaincre.

Qu’à cela ne tienne. Eclairé où pas, je m’en vais apporter ma part de réflexion sur le sujet de la poésie, du genre poétique, de son évolution.

Mais d’abord la poésie, qu’est ce que c’est ? N’est ce pas tout simplement l’art d’écrire des poèmes ?

Oui. Mais, la poésie c’est quoi ?

Si la question revient, c’est qu’il me faut approfondir le sujet. La poésie alors, selon la définition donnée par Georges Duhamel – qui est de loin celle que je préfère – ‘’c’est quand le silence prend la parole.’’ Définition corroborée par la pensée de Paul Valéry selon laquelle la poésie n’est tout autre que ‘’le langage dans le langage’’.

Pour moi, la poésie, c’est la magie née de la transcription éloquente et harmonieuse de la pensée humaine.

Pour y parvenir, comment  le poète se prend-il ? Comment parvient-il à donner vie à son imagination et à rendre l’audition de son texte aussi appétissante que peut l’être l’acoustique de chacune de nos chansons préférées ?

Tout tient, je dirai, de la muse. C’est-elle qui décide et nous guide. Nous n’en somme que de simple serviteur. Elle t’oriente vers le ciel, tu lui emprunte le soleil le jour, la lune et les étoiles la nuit et parfois, par magie, tu te surprends à créer des éclipses pour unir dans une même strophe ses deux astres lumineux en un moment donné de la journée.

C’est ce qu’ils ont toujours fait ces poètes. Toujours à suivre les dictats de leur muse qui, au fil des années ont progressivement modelé (je dirai libéré) le genre poétique. Aussi est-il aujourd’hui possible de distinguer la poésie de l’après 14ème siècle de celle du 18ème et du 19ème siècle. L’on est même tenter de catégoriser une certaine poésie du 20ème siècle. C’est dire combien, après son siècle des lumières, la poésie a beaucoup évolué.

Nous connaissons plus les grands noms du 18ème siècle – ‘’les romantiques’’ – qui ont surtout eu le mérite de donner une nouvelle vie à la poésie. En effet, des auteurs comme Victor Hugo, Lamartine, Alfred de Musset, Alfred de Vigny, vont combattre les règles strictes de la codification – qui ont surtout dominé les 15ème, 16ème et une partie du 17ème siècle – pour libérer l’écriture. Désormais, les poètes écrivent en vers libres en utilisant souvent des enjambements*, rejets** et contre-rejets*** tout en restant fidèles à la règle de la rime. Résultat, le monde découvre des vers plus rythmés, plus doux et plus agréables à écouter.

L’évolution ne s’arrêtera pas là. Très rapidement, le poète prendra plaisir à se libérer de la rime. Va ensuite apparaître la poésie en prose (19ème siècle) par laquelle les vers laissent place à des paragraphes.

Aujourd’hui, tous ces genres existent l’un à côté de l’autre selon l’inspiration et le style choisis par chaque auteur.

Cette coexistence n’est pas sans susciter des débats, d’aucun voyant en certains genre moins qualités poétique qu’en d’autres. Ceci du coup à pour mérite de semer la confusion dans l’esprit des amoureux de la poésie. Pour nombre d’entre eux qui restent des passionnés sans en être de véritable experts de la chose, le flou demeure en ce qu’ils ne savent plus ce qui peut et doit être pris pour de la poésie.

La vérité est qu’il n’y a aucunement lieu de s’inquiéter car tous les genres se valent. La poésie n’a d’ailleurs pas finit de livrer ses secrets et sa métamorphose se poursuit. Chaque poème écrit est en effet une nouvelle invention, chaque poète venant avec sa propre perception des choses et un style qui lui est unique. Le plus beau de la poésie n’est-il d’ailleurs pas cette capacité qu’ont les poètes de créer et surtout de créer du beau ?

‘’Ne crains donc, poète futur, d’innover quelque terme en un long poème, principalement, avec modestie toutefois, analogie et jugement de l’oreille, et ne te soucie qui le trouve bon ou mauvais : espérant que la prospérité l’approuvera’’ cette vision de Du Bellay répond à elle seule à toute les questions que vous pourrez vous poser chers amis.

*Enjambement : permet de poursuivre dans un vers une idée entamée dans le précédent

** Rejet : consiste à placer – par enjambement – au début d’un vers un mot ou groupe de mots appartenant au vers précédent et sans lesquels celui-ci n’aura aucun sens.

***Contre-rejet : inverse du rejet. Consiste à placer à la fin d’un vers un mot ou groupe de mots nécessaires à la construction et au sens du vers suivant.

Tenants et aboutissants des visites de Chefs d’Etats à l’étranger

En passant Publié le Mis à jour le

De nos jours, nombreux sont les citoyens de différents pays et surtout de nos Etats en Afrique qui semblent en désaccord avec les sorties diplomatiques de leur chef d’Etat à l’occasion notamment de visites officielles à l’étranger. Très souvent, il est reproché à ces derniers et à l’ensemble de leur gouvernement le fait que lesdites visites occasionnent des dépenses dont les fonds auraient pu servir au financement de projets dans leur pays et ainsi contribuer à atténuer un temps soit peu la souffrance des populations.

S’il est vrai que cette opinion est la plus répandue, il est aussi vrai que ceci est généralement du à un manque d’information, à une mauvaise perception des tenants et des aboutissants de telles visites de nos chefs d’Etats, des sorties hautement bénéfiques pour nos pays pour peu que l’on accepte de pousser l’analyse au-delà de simples balades folkloriques.

En effet, la visite officielle d’un chef de l’Etat à l’étranger est un moment unique en diplomatie où, dans un bref laps de temps, acteurs politiques, membres du secteur privé et autres organismes à vocation sociale focalisent leur attention sur le pays en question à la faveur des audiences, aussi nombreuses que variées qu’accorde ou qui sont accordées au chef de l’Etat et/ou à sa délégation.

C’est un moment privilégié pour informer ces différents partenaires sur les dernières avancées réalisées dans le pays, susciter l’intérêt des investisseurs à venir fructifier leurs activités et, ce faisant, contribuer, entre autre, à résorber le chômage et à lutter contre la pauvreté dans le pays.

C’est également l’occasion de convaincre et de plaider pour plus d’intérêt des bailleurs de fonds – aussi bien publics que privés – en vue de la mobilisation de ressources nécessaires au financement de projets de développement.

C’est aussi un moment fort dans le renforcement des liens d’amitié et de coopération existant entre l’Etat concerné et le pays visité et par la même occasion, une opportunité pour marquer une meilleure visibilité du pays à l’extérieur.

Dans le cadre d’une visite d’un chef d’Etat à l’étranger, les services techniques de la Présidence, du Ministère des affaires étrangères – qui s’appuie surtout sur la mission diplomatique dans le pays ou la région concernés – et d’autres Ministères spécialisées, travaillent en synergie pour définir le plan et les priorités de la visite. En amont, ces techniciens doivent définir, en suivant la ligne directrice tracée par le chef de l’état, les résultats attendus. Ayant identifié lesdits résultats, ils pourront facilement évoluer vers la planification des moyens à mettre en œuvre pour y parvenir.

Pour les diplomates que nous sommes, chaque pays à un profil particulier que nous dressons et sur la base duquel nous travaillons. C’est ce profil qui justement nous permet de cibler les domaines de compétence en adéquation avec les priorités de développement de nos pays pour organiser à l’attention du chef de l’état et de la délégation qui l’accompagne des entretiens et séances de travail avec des groupes, personnalités, institutions et/ou entreprises minutieusement sélectionnés selon leurs domaines de compétence

Au Togo par exemple, nous avons la SCAPE qui constitue pour nous le bréviaire en terme de stratégie de développement. Et bien elle nous sert de guide. Elle nous oriente dans nos décisions et nous permet d’harmoniser nos actions autour de chaque visite. Beaucoup d’autre programmes ou projets existent, qui orientent nos actions. Ces derniers sont greffés autour du noyau que constitue la SCAPE pour former un ensemble homogène de la cartographie des projets de développement du Togo. Je citerai entre autre projets dynamiques : le Programme National d’Investissement Agricole et de sécurité alimentaire (PNIASA), le Programme National de Volontariat (PROVONAT), le Programme d’Appui au Développement à la Base (PRADEB) etc.

Pour mieux comprendre l’importance des voyages d’un chef d’état, je nous propose de comparer nos pays à une entreprise.

Prenons donc l’exemple d’un chef d’entreprise qui lance ses activités et qui se contente d’attendre dans son bureau que des clients se présentent à lui, que des opportunités viennent à lui. Il ne voyage point, ne pense aucunement à diversifier ses partenaires et à partir à la quête de nouveaux débouchés. Quel avenir prédisez-vous pour une telle entreprise?

A présent, transposons la même analyse dans la gestion d’un État. Il apparaît donc qu’aussi bien dans la gestion d’une entreprise qu’en ce qui concerne nos États, c’est en vain que nous espérerons la prospérité et la croissance tant que nous n’aurons pas au préalable compris que pour gagner, il faut oser investir.

N’attendons pas non plus des profits immédiats d’un retour sur investissements. Les Etats tout comme les entreprises, en posant des actes aujourd’hui espèrent souvent des résultats dans le court terme mais l’expérience à prouver que la majeure partie desdits résultats ne sont véritablement mesurable que sur le moyen ou le long terme.Gouverner, c’est prévoir et c’est en cette en cela que l’assertion d’Helmut Schmidt résume si bien nos propos : « les investissements d’aujourd’hui sont les profits de demain et les emplois d’après demain. »

Steve BODJONA

Préférez-vous l’avoir en cadeau ou l’acheter ?

Publié le Mis à jour le

ImageRécemment, je discutais avec un ami également écrivain qui me confiait combien il était découragé par l’attitude de certains de ses proches à son égard.

 Soyez rassurés il ne leur reprochait aucunement le fait qu’ils avaient pris l’habitude de critiquer ses œuvres – ce qui selon moi aurait été une bonne chose pour peu qu’il s’agisse de personne douées d’un esprit critique et non d’un esprit de critique – mais bien au contraire pour le fait que :

1-    Très peu sont ceux de ses proches (amis ; collègues de service, famille) qui lisent réellement ses livres ;

2-    Pour ceux qui lisent, très peu sont ceux qui lui reviennent avec des commentaires, critiques et autres suggestions qui pourront contribuer à améliorer la qualité de son travail ;

3-    Nombreux sont ceux de ses proches qui, bien que voulant lire ses œuvres préfèrent lui demander de leur faire cadeau d’un exemplaire plutôt que de s’en procurer – Cette attitude n’est pas digne d’un véritable ami, observera-t-il. Plutôt que d’acheter ton œuvre et, par ce geste t’encourager à persévérer, tes amis te demandent de leur en faire cadeau  –  Bien évidemment j’aimerais pouvoir publier mes œuvres et les partager gratuitement à tous ceux qui voudront les lire. Mais, pensent-il que l’écrivain que je suis pourra publier à nouveau si chaque fois que je signe une parution je me vois tenu de le distribuer entre mes proches ? Nos compatriotes devraient comprendre que l’édition d’un livre n’est pas gratuite et il faut de la volonté et un véritable engagement pour y arriver. Certains se permettent même de te demander le fichier électronique de ton livre. Autant me dire ‘’ton livre, j’aimerais le lire mais pas l’acheter’’.

 4-    Ceux qui achètent, lisent et apprécient l’ouvrage se contentent de garder pour eux la plus-value qu’ils en ont tiré. Mais parlez-en autour de vous. Recommandez-le à votre entourage. Partagez. Faites profiter aux autres ce que vous avez gagné en lisant le livre. Ne soyez pas égoïste.

Je crois bien qu’il n’a pas tort le pauvre. Je suis d’ailleurs d’avis avec lui mais au-delà des amis sur lesquels il focalise son attention, c’est tout le monde qui est concerné. Ces réalités par lui énumérées touche les différentes couches de la société il faut le reconnaître.

Beaucoup d’écrivains s’adonnent à l’écriture par passion pour l’art et non pour une quelconque nécessité de s’enrichir. Mais il y à lieu d’insister sur le fait que leur passion ne devrait pas non plus contribuer à les ruiner. Certes, tout écrivain dès la parution de son ouvrage prévoit toujours un certain nombre d’exemplaires qu’il offre aux amis, parents et autres, en général pour leur remercier pour le soutien qu’ils ont pu lui apporter tout au long du processus ayant permit de matérialiser l’œuvre de l’esprit. De grâce, sachez encourager vos auteurs préférés qui sont en même temps vos amis et parents.

Il faut aussi admettre que trop peu de personne lisent dans notre pays. Pour ceux qui lisent, il est vrai, beaucoup attendent que l’auteur leur offre son livre où préfèrent attendre de le prendre auprès d’un autre qui l’aurait acheté.

Vous aimez le livre ? Achetez-le. Vous aurez ainsi la latitude de le relire à volonté. En le faisant, vous encouragez et donnez également les moyens à l’auteur de vous revenir avec de nouvelles parutions que sans doute vous apprécierez encore plus. Constituez-vous une bibliothèque de vos livres préférés ; c’est toute une richesse que vous amassez.

Sur un tout autre plan, il faut le reconnaître, il nous faut travailler, à donner toute sa place à la littérature, à la culture littéraire. Cela nous concerne tous : écrivains, éditeurs, libraires, bibliothécaires, centres culturels ou de lecture, acteurs politiques, responsables d’établissements, enseignants, élèves et étudiants etc.

Pour finir, je nous convie à nourrir autant l’esprit que le corps. Tout comme notre organisme a besoin d’au minimum trois repas quotidiens, notre esprit a besoin de se nourrir du savoir et la lecture constitue l’une, sinon la première des sources. Il nous faut donc cessez de convertir chaque fois, en terme de bols de mais, de sacs de riz ou de tubercules d’igname les prix d’ouvrages (généralement à coûts abordables) qui nous sont proposés sur le marché.

Il nous appartient à tous de donner vie à la littérature de notre pays. Elle se meurt malgré quelques efforts isolés.

 Steve B.