Préférez-vous l’avoir en cadeau ou l’acheter ?

Publié le Mis à jour le

ImageRécemment, je discutais avec un ami également écrivain qui me confiait combien il était découragé par l’attitude de certains de ses proches à son égard.

 Soyez rassurés il ne leur reprochait aucunement le fait qu’ils avaient pris l’habitude de critiquer ses œuvres – ce qui selon moi aurait été une bonne chose pour peu qu’il s’agisse de personne douées d’un esprit critique et non d’un esprit de critique – mais bien au contraire pour le fait que :

1-    Très peu sont ceux de ses proches (amis ; collègues de service, famille) qui lisent réellement ses livres ;

2-    Pour ceux qui lisent, très peu sont ceux qui lui reviennent avec des commentaires, critiques et autres suggestions qui pourront contribuer à améliorer la qualité de son travail ;

3-    Nombreux sont ceux de ses proches qui, bien que voulant lire ses œuvres préfèrent lui demander de leur faire cadeau d’un exemplaire plutôt que de s’en procurer – Cette attitude n’est pas digne d’un véritable ami, observera-t-il. Plutôt que d’acheter ton œuvre et, par ce geste t’encourager à persévérer, tes amis te demandent de leur en faire cadeau  –  Bien évidemment j’aimerais pouvoir publier mes œuvres et les partager gratuitement à tous ceux qui voudront les lire. Mais, pensent-il que l’écrivain que je suis pourra publier à nouveau si chaque fois que je signe une parution je me vois tenu de le distribuer entre mes proches ? Nos compatriotes devraient comprendre que l’édition d’un livre n’est pas gratuite et il faut de la volonté et un véritable engagement pour y arriver. Certains se permettent même de te demander le fichier électronique de ton livre. Autant me dire ‘’ton livre, j’aimerais le lire mais pas l’acheter’’.

 4-    Ceux qui achètent, lisent et apprécient l’ouvrage se contentent de garder pour eux la plus-value qu’ils en ont tiré. Mais parlez-en autour de vous. Recommandez-le à votre entourage. Partagez. Faites profiter aux autres ce que vous avez gagné en lisant le livre. Ne soyez pas égoïste.

Je crois bien qu’il n’a pas tort le pauvre. Je suis d’ailleurs d’avis avec lui mais au-delà des amis sur lesquels il focalise son attention, c’est tout le monde qui est concerné. Ces réalités par lui énumérées touche les différentes couches de la société il faut le reconnaître.

Beaucoup d’écrivains s’adonnent à l’écriture par passion pour l’art et non pour une quelconque nécessité de s’enrichir. Mais il y à lieu d’insister sur le fait que leur passion ne devrait pas non plus contribuer à les ruiner. Certes, tout écrivain dès la parution de son ouvrage prévoit toujours un certain nombre d’exemplaires qu’il offre aux amis, parents et autres, en général pour leur remercier pour le soutien qu’ils ont pu lui apporter tout au long du processus ayant permit de matérialiser l’œuvre de l’esprit. De grâce, sachez encourager vos auteurs préférés qui sont en même temps vos amis et parents.

Il faut aussi admettre que trop peu de personne lisent dans notre pays. Pour ceux qui lisent, il est vrai, beaucoup attendent que l’auteur leur offre son livre où préfèrent attendre de le prendre auprès d’un autre qui l’aurait acheté.

Vous aimez le livre ? Achetez-le. Vous aurez ainsi la latitude de le relire à volonté. En le faisant, vous encouragez et donnez également les moyens à l’auteur de vous revenir avec de nouvelles parutions que sans doute vous apprécierez encore plus. Constituez-vous une bibliothèque de vos livres préférés ; c’est toute une richesse que vous amassez.

Sur un tout autre plan, il faut le reconnaître, il nous faut travailler, à donner toute sa place à la littérature, à la culture littéraire. Cela nous concerne tous : écrivains, éditeurs, libraires, bibliothécaires, centres culturels ou de lecture, acteurs politiques, responsables d’établissements, enseignants, élèves et étudiants etc.

Pour finir, je nous convie à nourrir autant l’esprit que le corps. Tout comme notre organisme a besoin d’au minimum trois repas quotidiens, notre esprit a besoin de se nourrir du savoir et la lecture constitue l’une, sinon la première des sources. Il nous faut donc cessez de convertir chaque fois, en terme de bols de mais, de sacs de riz ou de tubercules d’igname les prix d’ouvrages (généralement à coûts abordables) qui nous sont proposés sur le marché.

Il nous appartient à tous de donner vie à la littérature de notre pays. Elle se meurt malgré quelques efforts isolés.

 Steve B.

2 réflexions au sujet de « Préférez-vous l’avoir en cadeau ou l’acheter ? »

    ASSAMA SIDI a dit:
    18/11/2013 à 18:29

    T’as parfaitement raison, à force de crier et de le répéter nous finirons par comprendre afin d’ encourager les quelques courageux qui ne lésinent sur les moyens pour pérenniser nos valeurs culturelles. Du courage mon frère.

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