Tenants et aboutissants des visites de Chefs d’Etats à l’étranger

En passant Publié le Mis à jour le

De nos jours, nombreux sont les citoyens de différents pays et surtout de nos Etats en Afrique qui semblent en désaccord avec les sorties diplomatiques de leur chef d’Etat à l’occasion notamment de visites officielles à l’étranger. Très souvent, il est reproché à ces derniers et à l’ensemble de leur gouvernement le fait que lesdites visites occasionnent des dépenses dont les fonds auraient pu servir au financement de projets dans leur pays et ainsi contribuer à atténuer un temps soit peu la souffrance des populations.

S’il est vrai que cette opinion est la plus répandue, il est aussi vrai que ceci est généralement du à un manque d’information, à une mauvaise perception des tenants et des aboutissants de telles visites de nos chefs d’Etats, des sorties hautement bénéfiques pour nos pays pour peu que l’on accepte de pousser l’analyse au-delà de simples balades folkloriques.

En effet, la visite officielle d’un chef de l’Etat à l’étranger est un moment unique en diplomatie où, dans un bref laps de temps, acteurs politiques, membres du secteur privé et autres organismes à vocation sociale focalisent leur attention sur le pays en question à la faveur des audiences, aussi nombreuses que variées qu’accorde ou qui sont accordées au chef de l’Etat et/ou à sa délégation.

C’est un moment privilégié pour informer ces différents partenaires sur les dernières avancées réalisées dans le pays, susciter l’intérêt des investisseurs à venir fructifier leurs activités et, ce faisant, contribuer, entre autre, à résorber le chômage et à lutter contre la pauvreté dans le pays.

C’est également l’occasion de convaincre et de plaider pour plus d’intérêt des bailleurs de fonds – aussi bien publics que privés – en vue de la mobilisation de ressources nécessaires au financement de projets de développement.

C’est aussi un moment fort dans le renforcement des liens d’amitié et de coopération existant entre l’Etat concerné et le pays visité et par la même occasion, une opportunité pour marquer une meilleure visibilité du pays à l’extérieur.

Dans le cadre d’une visite d’un chef d’Etat à l’étranger, les services techniques de la Présidence, du Ministère des affaires étrangères – qui s’appuie surtout sur la mission diplomatique dans le pays ou la région concernés – et d’autres Ministères spécialisées, travaillent en synergie pour définir le plan et les priorités de la visite. En amont, ces techniciens doivent définir, en suivant la ligne directrice tracée par le chef de l’état, les résultats attendus. Ayant identifié lesdits résultats, ils pourront facilement évoluer vers la planification des moyens à mettre en œuvre pour y parvenir.

Pour les diplomates que nous sommes, chaque pays à un profil particulier que nous dressons et sur la base duquel nous travaillons. C’est ce profil qui justement nous permet de cibler les domaines de compétence en adéquation avec les priorités de développement de nos pays pour organiser à l’attention du chef de l’état et de la délégation qui l’accompagne des entretiens et séances de travail avec des groupes, personnalités, institutions et/ou entreprises minutieusement sélectionnés selon leurs domaines de compétence

Au Togo par exemple, nous avons la SCAPE qui constitue pour nous le bréviaire en terme de stratégie de développement. Et bien elle nous sert de guide. Elle nous oriente dans nos décisions et nous permet d’harmoniser nos actions autour de chaque visite. Beaucoup d’autre programmes ou projets existent, qui orientent nos actions. Ces derniers sont greffés autour du noyau que constitue la SCAPE pour former un ensemble homogène de la cartographie des projets de développement du Togo. Je citerai entre autre projets dynamiques : le Programme National d’Investissement Agricole et de sécurité alimentaire (PNIASA), le Programme National de Volontariat (PROVONAT), le Programme d’Appui au Développement à la Base (PRADEB) etc.

Pour mieux comprendre l’importance des voyages d’un chef d’état, je nous propose de comparer nos pays à une entreprise.

Prenons donc l’exemple d’un chef d’entreprise qui lance ses activités et qui se contente d’attendre dans son bureau que des clients se présentent à lui, que des opportunités viennent à lui. Il ne voyage point, ne pense aucunement à diversifier ses partenaires et à partir à la quête de nouveaux débouchés. Quel avenir prédisez-vous pour une telle entreprise?

A présent, transposons la même analyse dans la gestion d’un État. Il apparaît donc qu’aussi bien dans la gestion d’une entreprise qu’en ce qui concerne nos États, c’est en vain que nous espérerons la prospérité et la croissance tant que nous n’aurons pas au préalable compris que pour gagner, il faut oser investir.

N’attendons pas non plus des profits immédiats d’un retour sur investissements. Les Etats tout comme les entreprises, en posant des actes aujourd’hui espèrent souvent des résultats dans le court terme mais l’expérience à prouver que la majeure partie desdits résultats ne sont véritablement mesurable que sur le moyen ou le long terme.Gouverner, c’est prévoir et c’est en cette en cela que l’assertion d’Helmut Schmidt résume si bien nos propos : « les investissements d’aujourd’hui sont les profits de demain et les emplois d’après demain. »

Steve BODJONA

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