Mois: décembre 2013

Lampedusa, encore et encore

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Indignation. Voila le mot mais il n’est pas assez fort pour exprimer ce que l’on ressent en ce moment où cette vidéo tourne en boucle sur les médias montrant combien l’homme peut être cruel envers son prochain tout en donnant l’impression, aux yeux du monde, qu’il fait partie de la catégorie des bons.

Vous l’avez tous ou presque tous suivie, cette vidéo montrant nos frères du monde en train de se faire arroser telles des voitures dans une station de lavage.

Ceci se passe dans un centre dit ‘’d’accueil’’ de migrants Imageclandestins échoués aux larges des côtes de Lampedusa. Ah ! Lampedusa, cette ville qui ne finira pas de faire parler d’elle. Devrions-nous l’appeler le point de chute du non retour ? Les migrants, s’ils n’y perdent pas la vie à la faveur du chavirement de leur bateau risquent d’y laisser leur peau dans des camps de concentration oups j’allais dire centre d’accueil.

Mais en temps qu’africain à qui l’on ne cesse de rabattre les oreilles depuis les tendres jours de son enfance sur les questions de droit de l’homme, la lutte contre la torture et les traitements inhumains dégradants, je me pose des questions.

Comment cela a-t-il pu se produire ? L’on nous a tellement donné l’impression que de tels faits n’existent que sur le continent et nul par ailleurs du moins pas sur le continent de la démocratie et des valeurs humaines vers lequel, au péril de leur vie, nos frères et sœurs se lancent avec une certaine illusion de l’eldorado.

Comment est-ce possible ? Je me surprends à sourire du coin de mes lèvres à la lecture de l’article 1er de la déclaration universelle des droits de l’homme : ‘’Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.’’ Texte corroboré par l’article 5 de la même déclaration : ‘’Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.’’

De belles paroles qui nous ont si souvent été servies. Et pourtant, et pourtant. Qu’à cela ne tienne. Mes amis juristes me diront que la règle de droit – qu’en bien même la déclaration en question n’a pas véritablement force de loi – n’a de véritable effectivité que, non seulement lorsqu’elle est respectée, mais aussi et surtout, lorsqu’il existe des sanctions efficaces qui s’appliquent lorsqu’elle vient à être violée.

Il est donc impérieux que les auteurs de ces actes soient sanctionnés conformément aux règles en vigueurs et que de tels cas soient à jamais proscrits.

Je ne vais pas poursuivre plus loin mon analyse ou m’étaler sur mes ressentiments face à la situation. Beaucoup de voix peut-être plus indiquées à certains endroits ont suffisamment relayé mon état d’esprit.

Toutefois, il y a lieu – et c’est d’ailleurs un devoir pour moi – que je me tourne une fois encore vers mes frères, ces ‘’heureux’’ candidats à la migration clandestine. Je me tourne surtout vers mes frères et sœurs africains pour leur demander d’ouvrir les yeux. L’eldorado, c’est ici, en Afrique, chez nous. Il n’existe et n’existera nulle part ailleurs que dans nos pays respectifs.

Restez dans vos pays, aimez votre continent ou vous êtes accueillis en amis et frères, consolidez vos familles en restant dans vos communautés, développez le peu de votre savoir dont vous disposez en exploitant au mieux le potentiel de vos pays car il en existe beaucoup, même si ce n’est pas toujours évident. Dans ces pays de rêves, n’y aller que lorsque vous êtes en règles et avec un objectif clairement défini. Faites tout ceci plutôt que de vous faire traiter comme des bêtes à foin dans la quête d’un eldorado sur fond de mirage.

Réflexion inspirée de  »l’Afrique noire est mal partie »

Publié le Mis à jour le

ImageDans son ouvrage intitulé ‘’l’Afrique noire est mal partie’’, Réné Dumont dresse un diagnostic des handicaps du continent africain, les problèmes de corruption, les conséquences de la décolonisation etc.

Aujourd’hui, une analyse sérieuse de la réalité dans bon nombre de pays nous fait dire que déjà, en 1962, juste deux ans après l’indépendance de la majorité de ces pays sur le continent, Dumont était un visionnaire.

Même si quelques actions isolés et de rares cas dans des pays au fonctionnement plus où moins exemplaire nous donne l’espoir qu’un soleil révolutionnaire finira par briller sur TOUS les pays du continent, il y a lieu de reconnaître et de prendre conscience que les analyses avant-gardistes de Réné Dumont sont d’une pertinence que beaucoup de faits ne cessent de confirmer depuis lors.

Depuis ce que je qualifierai d’interpellation ou d’invite à reconsidérer nos stratégies de développement en Afrique, qu’est-ce qui explique qu’à ce jour, le continent semble s’enfermer dans un statuquo qui ne dit pas son nom ? Avons-nous tourné le dos à notre propre développement ? Avons-nous refusé cette prise de conscience à laquelle nous invitait Dumont ? Pourquoi après être mal partie, l’Afrique noire ne parvient toujours pas à redresser le cap une fois pour toute ?

Non pas que des efforts ne sont pas faits. Des initiatives, il en existe énormément sauf que les résultats escomptés ne sont jamais où ne sont que très rarement atteints.

Il ne s’agit ici que de simples interrogations qui me reviennent chaque fois que me trottent à l’esprit des réflexions sur le développement de l’Afrique ; ce continent semblable à un paysan de mon village, assis sur un grenier bien rempli tout en criant famine.

Comment est-ce possible ? J’en viens parfois à me demander si les richesses de nos sous-sol ne seraient pas une bénédiction du diable, tellement elles attirent sur nous de multiples malédictions : famines, conflits de tous genres (tension interne, tension entre état, conflits religieux etc).

Que faire ? Comment se sortir de cette situation labyrinthique dans laquelle le continent semble enfermé ?

Cette question nous interpelle tous. Aussi bien les dirigeants que les dirigés ; ces derniers – vers qui je veux surtout me tourner car trop souvent sur le continent, l’expérience a démontré que nombreux sont ces peuples qui pensent que le souci même du développement de nos pays ne devrait peser que sur les épaules de nos gouvernants – et qui conviendront avec moi, je l’espère, qu’il s’agit bien d’une affaire de tous, qu’importe la sphère d’exercice du pouvoir, qu’importe notre rang social.

Malgré les inquiétudes, mon optimisme demeure, depuis toujours, le même. Il est grand. Le mauvais sort finira par être conjuré et le train du développement qui ne fléchira jamais entrainera les wagons de pays en pays pour les mener au port de la prospérité.

Ceci est possible pour peu que chacun de nous commence dès maintenant à prendre conscience de sa part de responsabilité dans le processus en question. Ceci est possible car de nombreux héros connu sur le continent ont prouvé aux yeux du monde que l’Afrique et les africains sont capables d’actes nobles qui peuvent impacter non seulement le continent mais aussi les pays au-delà des océans. Ceci est possible car déjà, beaucoup sont ceux qui, parmi les différentes générations s’inspirent de ces héros et, autour d’eux, se développe des pôles de conscience.SALVES D'AFRIQUE (1) - Copy

Ceci est possible et c’est d’ailleurs ce que j’exprime à travers les vers de mes 37 poèmes, tous dédiés à l’Afrique dans ma nouvelle parution en ce mois de décembre (Salves d’Afrique) que je vous invite à lire et à partager avec vos proches.

Un héros s’en est allé

En passant Publié le Mis à jour le

ImageLe cœur lourd, le monde entier – après avoir vacillé au rythme du yo-yo de l’état de santé du héros de l’apartheid – pleure désormais la disparition de celui que tout le monde appelait affectueusement Madiba.

Cet homme pétrie d’humilité qui, par son courage, sa foi et son amour pour autrui, a su donner une leçon (je dirai un sens même au mot pardon) au monde entier au sortir de la geôle où il fut mis à l’ombre pendant 27 années pour avoir tout simplement gardé à la bouche un refrain:  »liberté, égalité ».

Cet homme que nous pleurons aujourd’hui pour avoir été rappelé auprès du créateur après avoir accompli et très bien accompli sa mission sur terre restera à jamais gravé dans nos souvenirs.

Alors que nous le pleurons se pose en même temps à nous, populations du monde et de façon plus concrète, à nous africains, la question de savoir ce que nous avons véritablement retenu de l’histoire de celui que nous adulons tant.

A mon humble avis, le meilleur hommage que l’on pourra rendre à Nelson Mandela – au-delà des pleurs, des monuments ou de simples discours – reste à n’en point douter ce que chacun de nous fait déjà et fera pour la postérité, en  s’inspirant des qualités de ce grand homme.

Certes Mandela est un homme qui avait aussi bien des défauts que des qualités. Mais vous conviendrez tous avec moi que très vite ses innombrables qualités ont pris le pas et c’est bien de ces qualités que nous devons nous inspirer. Les qualités de l’homme se retrouvent d’ailleurs dans le fait qu’il a toujours été le premier à clamer ses insuffisances, ses erreurs, ses impatiences, brefs ses défauts.

En œuvrant chaque jour que Dieu fait à la paix dans le monde, à l’unité entre les peuples, à la vie en harmonie avec nos frères, en privilégiant le mot pardon sur nos lèvres avant toute autre chose, nous nous rapprocherons d’avantage de lui et démontrerons ainsi que de son vivant, nous l’avons vraiment aimé et que même dans l’au-delà, nous ne cesserons de l’aimer.

J’espère que pour la mémoire collective et pour la postérité, chaque capitale – notamment africaine – prendra l’initiative – surtout pour les pays ou cela n’a pas été fait de son vivant – de baptiser un lieu symbolique du nom de ce héros d’Afrique dont les prouesses ont traversé tant et tant d’océans.

En mémoire à l’illustre disparu, je partage ici avec vous ces vers tirés de mon recueil de poèmes ‘’Salves d’Afrique’’ qui paraîtra dans quelques jours :

LE HÉROS PERDU

Le peuple meurtri

Pleure le héros parti

En le priant en plein midi

Il espère le voir au paradis

Le peuple abattu

Pleure l’illustre disparu

Qui s’en est allé vers de nouvelles tribus

Sans que le moment ne soit venu

Le peuple inconsolable

Pleure le père aimable

Ne pouvant percer l’insondable

Il espère un miracle pourtant irréalisable

Il est des hommes aux cœurs purs

Sur lesquels le peuple pouvait bâtir son mûr

Et entrevoir avec sérénité le futur

Car ils étaient pour lui une référence sûre

Il est de ces hommes

Sur lesquels le peuple pouvait compter

Sans jamais risquer de se tromper

Et que le peuple aura toujours à pleurer

Au simple souvenir du linceul enterré

Puisse-t-il reposer en paix dans son sommeil plus que mérité.

Steve B.