En passant

Un héros s’en est allé

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ImageLe cœur lourd, le monde entier – après avoir vacillé au rythme du yo-yo de l’état de santé du héros de l’apartheid – pleure désormais la disparition de celui que tout le monde appelait affectueusement Madiba.

Cet homme pétrie d’humilité qui, par son courage, sa foi et son amour pour autrui, a su donner une leçon (je dirai un sens même au mot pardon) au monde entier au sortir de la geôle où il fut mis à l’ombre pendant 27 années pour avoir tout simplement gardé à la bouche un refrain:  »liberté, égalité ».

Cet homme que nous pleurons aujourd’hui pour avoir été rappelé auprès du créateur après avoir accompli et très bien accompli sa mission sur terre restera à jamais gravé dans nos souvenirs.

Alors que nous le pleurons se pose en même temps à nous, populations du monde et de façon plus concrète, à nous africains, la question de savoir ce que nous avons véritablement retenu de l’histoire de celui que nous adulons tant.

A mon humble avis, le meilleur hommage que l’on pourra rendre à Nelson Mandela – au-delà des pleurs, des monuments ou de simples discours – reste à n’en point douter ce que chacun de nous fait déjà et fera pour la postérité, en  s’inspirant des qualités de ce grand homme.

Certes Mandela est un homme qui avait aussi bien des défauts que des qualités. Mais vous conviendrez tous avec moi que très vite ses innombrables qualités ont pris le pas et c’est bien de ces qualités que nous devons nous inspirer. Les qualités de l’homme se retrouvent d’ailleurs dans le fait qu’il a toujours été le premier à clamer ses insuffisances, ses erreurs, ses impatiences, brefs ses défauts.

En œuvrant chaque jour que Dieu fait à la paix dans le monde, à l’unité entre les peuples, à la vie en harmonie avec nos frères, en privilégiant le mot pardon sur nos lèvres avant toute autre chose, nous nous rapprocherons d’avantage de lui et démontrerons ainsi que de son vivant, nous l’avons vraiment aimé et que même dans l’au-delà, nous ne cesserons de l’aimer.

J’espère que pour la mémoire collective et pour la postérité, chaque capitale – notamment africaine – prendra l’initiative – surtout pour les pays ou cela n’a pas été fait de son vivant – de baptiser un lieu symbolique du nom de ce héros d’Afrique dont les prouesses ont traversé tant et tant d’océans.

En mémoire à l’illustre disparu, je partage ici avec vous ces vers tirés de mon recueil de poèmes ‘’Salves d’Afrique’’ qui paraîtra dans quelques jours :

LE HÉROS PERDU

Le peuple meurtri

Pleure le héros parti

En le priant en plein midi

Il espère le voir au paradis

Le peuple abattu

Pleure l’illustre disparu

Qui s’en est allé vers de nouvelles tribus

Sans que le moment ne soit venu

Le peuple inconsolable

Pleure le père aimable

Ne pouvant percer l’insondable

Il espère un miracle pourtant irréalisable

Il est des hommes aux cœurs purs

Sur lesquels le peuple pouvait bâtir son mûr

Et entrevoir avec sérénité le futur

Car ils étaient pour lui une référence sûre

Il est de ces hommes

Sur lesquels le peuple pouvait compter

Sans jamais risquer de se tromper

Et que le peuple aura toujours à pleurer

Au simple souvenir du linceul enterré

Puisse-t-il reposer en paix dans son sommeil plus que mérité.

Steve B.

                                       

 

Tenants et aboutissants des visites de Chefs d’Etats à l’étranger

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De nos jours, nombreux sont les citoyens de différents pays et surtout de nos Etats en Afrique qui semblent en désaccord avec les sorties diplomatiques de leur chef d’Etat à l’occasion notamment de visites officielles à l’étranger. Très souvent, il est reproché à ces derniers et à l’ensemble de leur gouvernement le fait que lesdites visites occasionnent des dépenses dont les fonds auraient pu servir au financement de projets dans leur pays et ainsi contribuer à atténuer un temps soit peu la souffrance des populations.

S’il est vrai que cette opinion est la plus répandue, il est aussi vrai que ceci est généralement du à un manque d’information, à une mauvaise perception des tenants et des aboutissants de telles visites de nos chefs d’Etats, des sorties hautement bénéfiques pour nos pays pour peu que l’on accepte de pousser l’analyse au-delà de simples balades folkloriques.

En effet, la visite officielle d’un chef de l’Etat à l’étranger est un moment unique en diplomatie où, dans un bref laps de temps, acteurs politiques, membres du secteur privé et autres organismes à vocation sociale focalisent leur attention sur le pays en question à la faveur des audiences, aussi nombreuses que variées qu’accorde ou qui sont accordées au chef de l’Etat et/ou à sa délégation.

C’est un moment privilégié pour informer ces différents partenaires sur les dernières avancées réalisées dans le pays, susciter l’intérêt des investisseurs à venir fructifier leurs activités et, ce faisant, contribuer, entre autre, à résorber le chômage et à lutter contre la pauvreté dans le pays.

C’est également l’occasion de convaincre et de plaider pour plus d’intérêt des bailleurs de fonds – aussi bien publics que privés – en vue de la mobilisation de ressources nécessaires au financement de projets de développement.

C’est aussi un moment fort dans le renforcement des liens d’amitié et de coopération existant entre l’Etat concerné et le pays visité et par la même occasion, une opportunité pour marquer une meilleure visibilité du pays à l’extérieur.

Dans le cadre d’une visite d’un chef d’Etat à l’étranger, les services techniques de la Présidence, du Ministère des affaires étrangères – qui s’appuie surtout sur la mission diplomatique dans le pays ou la région concernés – et d’autres Ministères spécialisées, travaillent en synergie pour définir le plan et les priorités de la visite. En amont, ces techniciens doivent définir, en suivant la ligne directrice tracée par le chef de l’état, les résultats attendus. Ayant identifié lesdits résultats, ils pourront facilement évoluer vers la planification des moyens à mettre en œuvre pour y parvenir.

Pour les diplomates que nous sommes, chaque pays à un profil particulier que nous dressons et sur la base duquel nous travaillons. C’est ce profil qui justement nous permet de cibler les domaines de compétence en adéquation avec les priorités de développement de nos pays pour organiser à l’attention du chef de l’état et de la délégation qui l’accompagne des entretiens et séances de travail avec des groupes, personnalités, institutions et/ou entreprises minutieusement sélectionnés selon leurs domaines de compétence

Au Togo par exemple, nous avons la SCAPE qui constitue pour nous le bréviaire en terme de stratégie de développement. Et bien elle nous sert de guide. Elle nous oriente dans nos décisions et nous permet d’harmoniser nos actions autour de chaque visite. Beaucoup d’autre programmes ou projets existent, qui orientent nos actions. Ces derniers sont greffés autour du noyau que constitue la SCAPE pour former un ensemble homogène de la cartographie des projets de développement du Togo. Je citerai entre autre projets dynamiques : le Programme National d’Investissement Agricole et de sécurité alimentaire (PNIASA), le Programme National de Volontariat (PROVONAT), le Programme d’Appui au Développement à la Base (PRADEB) etc.

Pour mieux comprendre l’importance des voyages d’un chef d’état, je nous propose de comparer nos pays à une entreprise.

Prenons donc l’exemple d’un chef d’entreprise qui lance ses activités et qui se contente d’attendre dans son bureau que des clients se présentent à lui, que des opportunités viennent à lui. Il ne voyage point, ne pense aucunement à diversifier ses partenaires et à partir à la quête de nouveaux débouchés. Quel avenir prédisez-vous pour une telle entreprise?

A présent, transposons la même analyse dans la gestion d’un État. Il apparaît donc qu’aussi bien dans la gestion d’une entreprise qu’en ce qui concerne nos États, c’est en vain que nous espérerons la prospérité et la croissance tant que nous n’aurons pas au préalable compris que pour gagner, il faut oser investir.

N’attendons pas non plus des profits immédiats d’un retour sur investissements. Les Etats tout comme les entreprises, en posant des actes aujourd’hui espèrent souvent des résultats dans le court terme mais l’expérience à prouver que la majeure partie desdits résultats ne sont véritablement mesurable que sur le moyen ou le long terme.Gouverner, c’est prévoir et c’est en cette en cela que l’assertion d’Helmut Schmidt résume si bien nos propos : « les investissements d’aujourd’hui sont les profits de demain et les emplois d’après demain. »

Steve BODJONA