REGARD SUR LA LITTERATURE AFRICAINE FRANCOPHONE

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Des indépendances avec des auteurs comme Ahmadou Kourouma, auteur de soleil des indépendances à nos jours, l’on est bien en droit, dans une sorte d’analyse rétrospective, de se questionner sur l’évolution même de la littérature africaine francophone.

Nous le savons tous, la littérature africaine dans son ensemble et francophone en particulier a d’abord été orale puis, à la faveur des luttes anticolonialistes et l’affirmation d’un certain attachement aux valeurs culturelles non seulement de l’Afrique noire mais aussi des minorités noires d’Amérique, d’Asie et d’Océanie, s’en est suivi le mouvement littéraire de la Négritude porté entre autres par Senghor et Aimé Césaire.

Si ce mouvement à longtemps dominé la littérature africaine francophone et qu’il continue d’ailleurs de l’impacter, les études montrent que les écrivains ont par moment inauguré de nouveaux genres littéraires avec notamment l’introduction couplée du roman policier et des écrits jeunesses pour compter des années 80. L’on ne saurait non plus occulter les années 70 ou la femme se fait une place de choix avec comme pionnière, Mariama Bâ (Une si longue lettre, 1979).

Ces étapes franchies, l’on va lever le voile sur un mouvement nouveau qui caractérise la littérature africaine francophone du 21ème siècle ; la Migritude qui est un néologisme qui combine « négritude » et « émigration ».

En effet, non seulement une bonne part des écrivains africains francophones vivent à l’extérieur du continent africain et ont donc une expérience de la migration qui influe énormément leurs écrits malgré les réalités toujours présentes du courant de la négritude mais aussi et surtout parce que, n’étant presque pas lus sur leur propre continent, ces derniers écrivent, de plus en plus, pour un lectorat occidental.

Ceci pose la question même du paradoxe qui caractérise l’héritage littéraire du continent et pousse à se poser la question de l’existence d’une véritable littérature africaine qui puiserait ses racines sur le continent, se développerait dans les pays africains pour ensuite connaitre une expansion hors des frontières de l’Afrique.

Lorsque l’on sait que des écrivains de renom tel le Guinéen Tierno Monénembo, le Djiboutien Abdourahman Waberi, le Togolais Sami Tchak, la Sénégalaise Fatou Diome ou encore le Congolais Henri Lopes, ne sont pas assez connus dans leur propre pays et encore moins sur le continent, l’on est en droit de se poser des questions sur la place réelle de la littérature dans la politique culturelle des pays d’Afrique francophone.

Le peu d’écrivains qui publient sur le continent peinent généralement à décoller.  Dans nombre de pays, la culture de la lecture étant elle-même une gageure, peu comprennent l’importance d’investir dans le livre qui, au demeurant, est une véritable source de richesse pour l’intellect.

Le triste constat nous fait aussi réaliser de nos jours que malgré le foisonnement d’une nouvelle génération d’écrivains, la nouvelle garde à très souvent du mal à exister à côté des classiques. Nous nous trouvons ainsi dans une sorte de conflit de générations qui ne devrait pas être et, dans lequel, malheureusement, les écrivains de premières heures, continuent par prendre le pas.

Aujourd’hui, des auteurs comme Yves-Emmanuel Dogbé, Bernard Dadier, Camara laye, David Ananou, Félix Couchoro pour ne citer que ceux-là sont assez connus et lus sur le continent et pour cause dans de nombreux pays, les programmes imposent toujours leurs œuvres à l’enseignement littéraire des établissements scolaires et universitaires. A côté, la jeune génération crée, innove. Elle le fait de fort belle manière mais attend toujours que lui soit tendue la perche. A travers elle, la littérature africaine se modernise mais les politiques culturelles ne suivent pas le rythme.

Pour exister et se développer, la littérature contemporaine à besoin d’être nourrie et il n’y a de meilleure ration pour un auteur que de se savoir lu, surtout par les gens pour qui l’on écrit en l’occurrence, le lectorat francophone d’Afrique noire.

La responsabilité incombe certes aux auteurs eux-mêmes, aux maisons d’éditions, critiques et promoteurs littéraires établis sur le continent, qui doivent constamment viser la qualité, mais aussi et surtout aux décideurs des politiques culturelles qui se doivent de donner de la voix à la nouvelle génération pour ainsi faire cohabiter dans une parfaite harmonie les contemporains aux côtés des classiques littéraires.

Ne pas le faire ou négliger de le faire, pour reprendre les propos de Kangni Alem, «c’est passer à côté d’une vraie occasion de contribuer à renouveler le stock intellectuel des générations appelées à construire demain».

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Lampedusa, encore et encore

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Indignation. Voila le mot mais il n’est pas assez fort pour exprimer ce que l’on ressent en ce moment où cette vidéo tourne en boucle sur les médias montrant combien l’homme peut être cruel envers son prochain tout en donnant l’impression, aux yeux du monde, qu’il fait partie de la catégorie des bons.

Vous l’avez tous ou presque tous suivie, cette vidéo montrant nos frères du monde en train de se faire arroser telles des voitures dans une station de lavage.

Ceci se passe dans un centre dit ‘’d’accueil’’ de migrants Imageclandestins échoués aux larges des côtes de Lampedusa. Ah ! Lampedusa, cette ville qui ne finira pas de faire parler d’elle. Devrions-nous l’appeler le point de chute du non retour ? Les migrants, s’ils n’y perdent pas la vie à la faveur du chavirement de leur bateau risquent d’y laisser leur peau dans des camps de concentration oups j’allais dire centre d’accueil.

Mais en temps qu’africain à qui l’on ne cesse de rabattre les oreilles depuis les tendres jours de son enfance sur les questions de droit de l’homme, la lutte contre la torture et les traitements inhumains dégradants, je me pose des questions.

Comment cela a-t-il pu se produire ? L’on nous a tellement donné l’impression que de tels faits n’existent que sur le continent et nul par ailleurs du moins pas sur le continent de la démocratie et des valeurs humaines vers lequel, au péril de leur vie, nos frères et sœurs se lancent avec une certaine illusion de l’eldorado.

Comment est-ce possible ? Je me surprends à sourire du coin de mes lèvres à la lecture de l’article 1er de la déclaration universelle des droits de l’homme : ‘’Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.’’ Texte corroboré par l’article 5 de la même déclaration : ‘’Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.’’

De belles paroles qui nous ont si souvent été servies. Et pourtant, et pourtant. Qu’à cela ne tienne. Mes amis juristes me diront que la règle de droit – qu’en bien même la déclaration en question n’a pas véritablement force de loi – n’a de véritable effectivité que, non seulement lorsqu’elle est respectée, mais aussi et surtout, lorsqu’il existe des sanctions efficaces qui s’appliquent lorsqu’elle vient à être violée.

Il est donc impérieux que les auteurs de ces actes soient sanctionnés conformément aux règles en vigueurs et que de tels cas soient à jamais proscrits.

Je ne vais pas poursuivre plus loin mon analyse ou m’étaler sur mes ressentiments face à la situation. Beaucoup de voix peut-être plus indiquées à certains endroits ont suffisamment relayé mon état d’esprit.

Toutefois, il y a lieu – et c’est d’ailleurs un devoir pour moi – que je me tourne une fois encore vers mes frères, ces ‘’heureux’’ candidats à la migration clandestine. Je me tourne surtout vers mes frères et sœurs africains pour leur demander d’ouvrir les yeux. L’eldorado, c’est ici, en Afrique, chez nous. Il n’existe et n’existera nulle part ailleurs que dans nos pays respectifs.

Restez dans vos pays, aimez votre continent ou vous êtes accueillis en amis et frères, consolidez vos familles en restant dans vos communautés, développez le peu de votre savoir dont vous disposez en exploitant au mieux le potentiel de vos pays car il en existe beaucoup, même si ce n’est pas toujours évident. Dans ces pays de rêves, n’y aller que lorsque vous êtes en règles et avec un objectif clairement défini. Faites tout ceci plutôt que de vous faire traiter comme des bêtes à foin dans la quête d’un eldorado sur fond de mirage.

Réflexion inspirée de  »l’Afrique noire est mal partie »

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ImageDans son ouvrage intitulé ‘’l’Afrique noire est mal partie’’, Réné Dumont dresse un diagnostic des handicaps du continent africain, les problèmes de corruption, les conséquences de la décolonisation etc.

Aujourd’hui, une analyse sérieuse de la réalité dans bon nombre de pays nous fait dire que déjà, en 1962, juste deux ans après l’indépendance de la majorité de ces pays sur le continent, Dumont était un visionnaire.

Même si quelques actions isolés et de rares cas dans des pays au fonctionnement plus où moins exemplaire nous donne l’espoir qu’un soleil révolutionnaire finira par briller sur TOUS les pays du continent, il y a lieu de reconnaître et de prendre conscience que les analyses avant-gardistes de Réné Dumont sont d’une pertinence que beaucoup de faits ne cessent de confirmer depuis lors.

Depuis ce que je qualifierai d’interpellation ou d’invite à reconsidérer nos stratégies de développement en Afrique, qu’est-ce qui explique qu’à ce jour, le continent semble s’enfermer dans un statuquo qui ne dit pas son nom ? Avons-nous tourné le dos à notre propre développement ? Avons-nous refusé cette prise de conscience à laquelle nous invitait Dumont ? Pourquoi après être mal partie, l’Afrique noire ne parvient toujours pas à redresser le cap une fois pour toute ?

Non pas que des efforts ne sont pas faits. Des initiatives, il en existe énormément sauf que les résultats escomptés ne sont jamais où ne sont que très rarement atteints.

Il ne s’agit ici que de simples interrogations qui me reviennent chaque fois que me trottent à l’esprit des réflexions sur le développement de l’Afrique ; ce continent semblable à un paysan de mon village, assis sur un grenier bien rempli tout en criant famine.

Comment est-ce possible ? J’en viens parfois à me demander si les richesses de nos sous-sol ne seraient pas une bénédiction du diable, tellement elles attirent sur nous de multiples malédictions : famines, conflits de tous genres (tension interne, tension entre état, conflits religieux etc).

Que faire ? Comment se sortir de cette situation labyrinthique dans laquelle le continent semble enfermé ?

Cette question nous interpelle tous. Aussi bien les dirigeants que les dirigés ; ces derniers – vers qui je veux surtout me tourner car trop souvent sur le continent, l’expérience a démontré que nombreux sont ces peuples qui pensent que le souci même du développement de nos pays ne devrait peser que sur les épaules de nos gouvernants – et qui conviendront avec moi, je l’espère, qu’il s’agit bien d’une affaire de tous, qu’importe la sphère d’exercice du pouvoir, qu’importe notre rang social.

Malgré les inquiétudes, mon optimisme demeure, depuis toujours, le même. Il est grand. Le mauvais sort finira par être conjuré et le train du développement qui ne fléchira jamais entrainera les wagons de pays en pays pour les mener au port de la prospérité.

Ceci est possible pour peu que chacun de nous commence dès maintenant à prendre conscience de sa part de responsabilité dans le processus en question. Ceci est possible car de nombreux héros connu sur le continent ont prouvé aux yeux du monde que l’Afrique et les africains sont capables d’actes nobles qui peuvent impacter non seulement le continent mais aussi les pays au-delà des océans. Ceci est possible car déjà, beaucoup sont ceux qui, parmi les différentes générations s’inspirent de ces héros et, autour d’eux, se développe des pôles de conscience.SALVES D'AFRIQUE (1) - Copy

Ceci est possible et c’est d’ailleurs ce que j’exprime à travers les vers de mes 37 poèmes, tous dédiés à l’Afrique dans ma nouvelle parution en ce mois de décembre (Salves d’Afrique) que je vous invite à lire et à partager avec vos proches.

Un héros s’en est allé

En passant Publié le Mis à jour le

ImageLe cœur lourd, le monde entier – après avoir vacillé au rythme du yo-yo de l’état de santé du héros de l’apartheid – pleure désormais la disparition de celui que tout le monde appelait affectueusement Madiba.

Cet homme pétrie d’humilité qui, par son courage, sa foi et son amour pour autrui, a su donner une leçon (je dirai un sens même au mot pardon) au monde entier au sortir de la geôle où il fut mis à l’ombre pendant 27 années pour avoir tout simplement gardé à la bouche un refrain:  »liberté, égalité ».

Cet homme que nous pleurons aujourd’hui pour avoir été rappelé auprès du créateur après avoir accompli et très bien accompli sa mission sur terre restera à jamais gravé dans nos souvenirs.

Alors que nous le pleurons se pose en même temps à nous, populations du monde et de façon plus concrète, à nous africains, la question de savoir ce que nous avons véritablement retenu de l’histoire de celui que nous adulons tant.

A mon humble avis, le meilleur hommage que l’on pourra rendre à Nelson Mandela – au-delà des pleurs, des monuments ou de simples discours – reste à n’en point douter ce que chacun de nous fait déjà et fera pour la postérité, en  s’inspirant des qualités de ce grand homme.

Certes Mandela est un homme qui avait aussi bien des défauts que des qualités. Mais vous conviendrez tous avec moi que très vite ses innombrables qualités ont pris le pas et c’est bien de ces qualités que nous devons nous inspirer. Les qualités de l’homme se retrouvent d’ailleurs dans le fait qu’il a toujours été le premier à clamer ses insuffisances, ses erreurs, ses impatiences, brefs ses défauts.

En œuvrant chaque jour que Dieu fait à la paix dans le monde, à l’unité entre les peuples, à la vie en harmonie avec nos frères, en privilégiant le mot pardon sur nos lèvres avant toute autre chose, nous nous rapprocherons d’avantage de lui et démontrerons ainsi que de son vivant, nous l’avons vraiment aimé et que même dans l’au-delà, nous ne cesserons de l’aimer.

J’espère que pour la mémoire collective et pour la postérité, chaque capitale – notamment africaine – prendra l’initiative – surtout pour les pays ou cela n’a pas été fait de son vivant – de baptiser un lieu symbolique du nom de ce héros d’Afrique dont les prouesses ont traversé tant et tant d’océans.

En mémoire à l’illustre disparu, je partage ici avec vous ces vers tirés de mon recueil de poèmes ‘’Salves d’Afrique’’ qui paraîtra dans quelques jours :

LE HÉROS PERDU

Le peuple meurtri

Pleure le héros parti

En le priant en plein midi

Il espère le voir au paradis

Le peuple abattu

Pleure l’illustre disparu

Qui s’en est allé vers de nouvelles tribus

Sans que le moment ne soit venu

Le peuple inconsolable

Pleure le père aimable

Ne pouvant percer l’insondable

Il espère un miracle pourtant irréalisable

Il est des hommes aux cœurs purs

Sur lesquels le peuple pouvait bâtir son mûr

Et entrevoir avec sérénité le futur

Car ils étaient pour lui une référence sûre

Il est de ces hommes

Sur lesquels le peuple pouvait compter

Sans jamais risquer de se tromper

Et que le peuple aura toujours à pleurer

Au simple souvenir du linceul enterré

Puisse-t-il reposer en paix dans son sommeil plus que mérité.

Steve B.

                                       

 

Parlons poésie

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J’ai longtemps hésité avant de me décider à rédiger cet article car tout au départ, je ne cessais de me demander s’il était nécessaire d’éclairer la lanterne de celui qui baigne déjà dans la lumière.

Après réflexion, je me suis laissé convaincre par ‘’mon moi’’ qu’il était fort possible que la majeure partie de ceux que j’estime baigner dans la lumière ne le sont peut-être pas véritablement. Peut être croient-ils juste être suffisamment éclairé et qu’à force d’y croire, ils ont fini par s’en convaincre.

Qu’à cela ne tienne. Eclairé où pas, je m’en vais apporter ma part de réflexion sur le sujet de la poésie, du genre poétique, de son évolution.

Mais d’abord la poésie, qu’est ce que c’est ? N’est ce pas tout simplement l’art d’écrire des poèmes ?

Oui. Mais, la poésie c’est quoi ?

Si la question revient, c’est qu’il me faut approfondir le sujet. La poésie alors, selon la définition donnée par Georges Duhamel – qui est de loin celle que je préfère – ‘’c’est quand le silence prend la parole.’’ Définition corroborée par la pensée de Paul Valéry selon laquelle la poésie n’est tout autre que ‘’le langage dans le langage’’.

Pour moi, la poésie, c’est la magie née de la transcription éloquente et harmonieuse de la pensée humaine.

Pour y parvenir, comment  le poète se prend-il ? Comment parvient-il à donner vie à son imagination et à rendre l’audition de son texte aussi appétissante que peut l’être l’acoustique de chacune de nos chansons préférées ?

Tout tient, je dirai, de la muse. C’est-elle qui décide et nous guide. Nous n’en somme que de simple serviteur. Elle t’oriente vers le ciel, tu lui emprunte le soleil le jour, la lune et les étoiles la nuit et parfois, par magie, tu te surprends à créer des éclipses pour unir dans une même strophe ses deux astres lumineux en un moment donné de la journée.

C’est ce qu’ils ont toujours fait ces poètes. Toujours à suivre les dictats de leur muse qui, au fil des années ont progressivement modelé (je dirai libéré) le genre poétique. Aussi est-il aujourd’hui possible de distinguer la poésie de l’après 14ème siècle de celle du 18ème et du 19ème siècle. L’on est même tenter de catégoriser une certaine poésie du 20ème siècle. C’est dire combien, après son siècle des lumières, la poésie a beaucoup évolué.

Nous connaissons plus les grands noms du 18ème siècle – ‘’les romantiques’’ – qui ont surtout eu le mérite de donner une nouvelle vie à la poésie. En effet, des auteurs comme Victor Hugo, Lamartine, Alfred de Musset, Alfred de Vigny, vont combattre les règles strictes de la codification – qui ont surtout dominé les 15ème, 16ème et une partie du 17ème siècle – pour libérer l’écriture. Désormais, les poètes écrivent en vers libres en utilisant souvent des enjambements*, rejets** et contre-rejets*** tout en restant fidèles à la règle de la rime. Résultat, le monde découvre des vers plus rythmés, plus doux et plus agréables à écouter.

L’évolution ne s’arrêtera pas là. Très rapidement, le poète prendra plaisir à se libérer de la rime. Va ensuite apparaître la poésie en prose (19ème siècle) par laquelle les vers laissent place à des paragraphes.

Aujourd’hui, tous ces genres existent l’un à côté de l’autre selon l’inspiration et le style choisis par chaque auteur.

Cette coexistence n’est pas sans susciter des débats, d’aucun voyant en certains genre moins qualités poétique qu’en d’autres. Ceci du coup à pour mérite de semer la confusion dans l’esprit des amoureux de la poésie. Pour nombre d’entre eux qui restent des passionnés sans en être de véritable experts de la chose, le flou demeure en ce qu’ils ne savent plus ce qui peut et doit être pris pour de la poésie.

La vérité est qu’il n’y a aucunement lieu de s’inquiéter car tous les genres se valent. La poésie n’a d’ailleurs pas finit de livrer ses secrets et sa métamorphose se poursuit. Chaque poème écrit est en effet une nouvelle invention, chaque poète venant avec sa propre perception des choses et un style qui lui est unique. Le plus beau de la poésie n’est-il d’ailleurs pas cette capacité qu’ont les poètes de créer et surtout de créer du beau ?

‘’Ne crains donc, poète futur, d’innover quelque terme en un long poème, principalement, avec modestie toutefois, analogie et jugement de l’oreille, et ne te soucie qui le trouve bon ou mauvais : espérant que la prospérité l’approuvera’’ cette vision de Du Bellay répond à elle seule à toute les questions que vous pourrez vous poser chers amis.

*Enjambement : permet de poursuivre dans un vers une idée entamée dans le précédent

** Rejet : consiste à placer – par enjambement – au début d’un vers un mot ou groupe de mots appartenant au vers précédent et sans lesquels celui-ci n’aura aucun sens.

***Contre-rejet : inverse du rejet. Consiste à placer à la fin d’un vers un mot ou groupe de mots nécessaires à la construction et au sens du vers suivant.

Tenants et aboutissants des visites de Chefs d’Etats à l’étranger

En passant Publié le Mis à jour le

De nos jours, nombreux sont les citoyens de différents pays et surtout de nos Etats en Afrique qui semblent en désaccord avec les sorties diplomatiques de leur chef d’Etat à l’occasion notamment de visites officielles à l’étranger. Très souvent, il est reproché à ces derniers et à l’ensemble de leur gouvernement le fait que lesdites visites occasionnent des dépenses dont les fonds auraient pu servir au financement de projets dans leur pays et ainsi contribuer à atténuer un temps soit peu la souffrance des populations.

S’il est vrai que cette opinion est la plus répandue, il est aussi vrai que ceci est généralement du à un manque d’information, à une mauvaise perception des tenants et des aboutissants de telles visites de nos chefs d’Etats, des sorties hautement bénéfiques pour nos pays pour peu que l’on accepte de pousser l’analyse au-delà de simples balades folkloriques.

En effet, la visite officielle d’un chef de l’Etat à l’étranger est un moment unique en diplomatie où, dans un bref laps de temps, acteurs politiques, membres du secteur privé et autres organismes à vocation sociale focalisent leur attention sur le pays en question à la faveur des audiences, aussi nombreuses que variées qu’accorde ou qui sont accordées au chef de l’Etat et/ou à sa délégation.

C’est un moment privilégié pour informer ces différents partenaires sur les dernières avancées réalisées dans le pays, susciter l’intérêt des investisseurs à venir fructifier leurs activités et, ce faisant, contribuer, entre autre, à résorber le chômage et à lutter contre la pauvreté dans le pays.

C’est également l’occasion de convaincre et de plaider pour plus d’intérêt des bailleurs de fonds – aussi bien publics que privés – en vue de la mobilisation de ressources nécessaires au financement de projets de développement.

C’est aussi un moment fort dans le renforcement des liens d’amitié et de coopération existant entre l’Etat concerné et le pays visité et par la même occasion, une opportunité pour marquer une meilleure visibilité du pays à l’extérieur.

Dans le cadre d’une visite d’un chef d’Etat à l’étranger, les services techniques de la Présidence, du Ministère des affaires étrangères – qui s’appuie surtout sur la mission diplomatique dans le pays ou la région concernés – et d’autres Ministères spécialisées, travaillent en synergie pour définir le plan et les priorités de la visite. En amont, ces techniciens doivent définir, en suivant la ligne directrice tracée par le chef de l’état, les résultats attendus. Ayant identifié lesdits résultats, ils pourront facilement évoluer vers la planification des moyens à mettre en œuvre pour y parvenir.

Pour les diplomates que nous sommes, chaque pays à un profil particulier que nous dressons et sur la base duquel nous travaillons. C’est ce profil qui justement nous permet de cibler les domaines de compétence en adéquation avec les priorités de développement de nos pays pour organiser à l’attention du chef de l’état et de la délégation qui l’accompagne des entretiens et séances de travail avec des groupes, personnalités, institutions et/ou entreprises minutieusement sélectionnés selon leurs domaines de compétence

Au Togo par exemple, nous avons la SCAPE qui constitue pour nous le bréviaire en terme de stratégie de développement. Et bien elle nous sert de guide. Elle nous oriente dans nos décisions et nous permet d’harmoniser nos actions autour de chaque visite. Beaucoup d’autre programmes ou projets existent, qui orientent nos actions. Ces derniers sont greffés autour du noyau que constitue la SCAPE pour former un ensemble homogène de la cartographie des projets de développement du Togo. Je citerai entre autre projets dynamiques : le Programme National d’Investissement Agricole et de sécurité alimentaire (PNIASA), le Programme National de Volontariat (PROVONAT), le Programme d’Appui au Développement à la Base (PRADEB) etc.

Pour mieux comprendre l’importance des voyages d’un chef d’état, je nous propose de comparer nos pays à une entreprise.

Prenons donc l’exemple d’un chef d’entreprise qui lance ses activités et qui se contente d’attendre dans son bureau que des clients se présentent à lui, que des opportunités viennent à lui. Il ne voyage point, ne pense aucunement à diversifier ses partenaires et à partir à la quête de nouveaux débouchés. Quel avenir prédisez-vous pour une telle entreprise?

A présent, transposons la même analyse dans la gestion d’un État. Il apparaît donc qu’aussi bien dans la gestion d’une entreprise qu’en ce qui concerne nos États, c’est en vain que nous espérerons la prospérité et la croissance tant que nous n’aurons pas au préalable compris que pour gagner, il faut oser investir.

N’attendons pas non plus des profits immédiats d’un retour sur investissements. Les Etats tout comme les entreprises, en posant des actes aujourd’hui espèrent souvent des résultats dans le court terme mais l’expérience à prouver que la majeure partie desdits résultats ne sont véritablement mesurable que sur le moyen ou le long terme.Gouverner, c’est prévoir et c’est en cette en cela que l’assertion d’Helmut Schmidt résume si bien nos propos : « les investissements d’aujourd’hui sont les profits de demain et les emplois d’après demain. »

Steve BODJONA

Préférez-vous l’avoir en cadeau ou l’acheter ?

Publié le Mis à jour le

ImageRécemment, je discutais avec un ami également écrivain qui me confiait combien il était découragé par l’attitude de certains de ses proches à son égard.

 Soyez rassurés il ne leur reprochait aucunement le fait qu’ils avaient pris l’habitude de critiquer ses œuvres – ce qui selon moi aurait été une bonne chose pour peu qu’il s’agisse de personne douées d’un esprit critique et non d’un esprit de critique – mais bien au contraire pour le fait que :

1-    Très peu sont ceux de ses proches (amis ; collègues de service, famille) qui lisent réellement ses livres ;

2-    Pour ceux qui lisent, très peu sont ceux qui lui reviennent avec des commentaires, critiques et autres suggestions qui pourront contribuer à améliorer la qualité de son travail ;

3-    Nombreux sont ceux de ses proches qui, bien que voulant lire ses œuvres préfèrent lui demander de leur faire cadeau d’un exemplaire plutôt que de s’en procurer – Cette attitude n’est pas digne d’un véritable ami, observera-t-il. Plutôt que d’acheter ton œuvre et, par ce geste t’encourager à persévérer, tes amis te demandent de leur en faire cadeau  –  Bien évidemment j’aimerais pouvoir publier mes œuvres et les partager gratuitement à tous ceux qui voudront les lire. Mais, pensent-il que l’écrivain que je suis pourra publier à nouveau si chaque fois que je signe une parution je me vois tenu de le distribuer entre mes proches ? Nos compatriotes devraient comprendre que l’édition d’un livre n’est pas gratuite et il faut de la volonté et un véritable engagement pour y arriver. Certains se permettent même de te demander le fichier électronique de ton livre. Autant me dire ‘’ton livre, j’aimerais le lire mais pas l’acheter’’.

 4-    Ceux qui achètent, lisent et apprécient l’ouvrage se contentent de garder pour eux la plus-value qu’ils en ont tiré. Mais parlez-en autour de vous. Recommandez-le à votre entourage. Partagez. Faites profiter aux autres ce que vous avez gagné en lisant le livre. Ne soyez pas égoïste.

Je crois bien qu’il n’a pas tort le pauvre. Je suis d’ailleurs d’avis avec lui mais au-delà des amis sur lesquels il focalise son attention, c’est tout le monde qui est concerné. Ces réalités par lui énumérées touche les différentes couches de la société il faut le reconnaître.

Beaucoup d’écrivains s’adonnent à l’écriture par passion pour l’art et non pour une quelconque nécessité de s’enrichir. Mais il y à lieu d’insister sur le fait que leur passion ne devrait pas non plus contribuer à les ruiner. Certes, tout écrivain dès la parution de son ouvrage prévoit toujours un certain nombre d’exemplaires qu’il offre aux amis, parents et autres, en général pour leur remercier pour le soutien qu’ils ont pu lui apporter tout au long du processus ayant permit de matérialiser l’œuvre de l’esprit. De grâce, sachez encourager vos auteurs préférés qui sont en même temps vos amis et parents.

Il faut aussi admettre que trop peu de personne lisent dans notre pays. Pour ceux qui lisent, il est vrai, beaucoup attendent que l’auteur leur offre son livre où préfèrent attendre de le prendre auprès d’un autre qui l’aurait acheté.

Vous aimez le livre ? Achetez-le. Vous aurez ainsi la latitude de le relire à volonté. En le faisant, vous encouragez et donnez également les moyens à l’auteur de vous revenir avec de nouvelles parutions que sans doute vous apprécierez encore plus. Constituez-vous une bibliothèque de vos livres préférés ; c’est toute une richesse que vous amassez.

Sur un tout autre plan, il faut le reconnaître, il nous faut travailler, à donner toute sa place à la littérature, à la culture littéraire. Cela nous concerne tous : écrivains, éditeurs, libraires, bibliothécaires, centres culturels ou de lecture, acteurs politiques, responsables d’établissements, enseignants, élèves et étudiants etc.

Pour finir, je nous convie à nourrir autant l’esprit que le corps. Tout comme notre organisme a besoin d’au minimum trois repas quotidiens, notre esprit a besoin de se nourrir du savoir et la lecture constitue l’une, sinon la première des sources. Il nous faut donc cessez de convertir chaque fois, en terme de bols de mais, de sacs de riz ou de tubercules d’igname les prix d’ouvrages (généralement à coûts abordables) qui nous sont proposés sur le marché.

Il nous appartient à tous de donner vie à la littérature de notre pays. Elle se meurt malgré quelques efforts isolés.

 Steve B.